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Hadopître

2 juillet 2010

Si vous êtes à la recherche du feuilleton comique de l’été, ne cherchez plus. La série ‘Hadopi’ a repris depuis quelques jours et ses scénaristes sont plus en formes que jamais.

La bande annonce était alléchante.  Tout était prêt pour que la Hadopi puisse envoyer ses premiers mail. Le grand Pascal Nègre se félicitait que bientôt et ce à l’aide du réseau social Facebook la terreur elle-même allait s’installée dans l’esprit des criminels endurcis que sont les pirates, qui dévalisent les navires des gentils artistes et les pavillons des majors écumant les mers noires de l’Internet afin de subventionner le terrorisme et le crime organisé.

Sauf que…

A en croire Benjamin Bayart, Président du fournisseur d’accès à Internet French Data Network, le plus vieux fournisseur d’accès Haut débit français, certains FAI n’auraient pas été consultés pour « travailler à l’automatisation d’un système d’échange de données, qui devrait rendre le coût de l’identification des adresses IP nettement moins élevé ».

Pour Benjamin Bayart deux pistes s’ouvrent alors :

« Piste 1: une Haute-Autorité administrative, supposément indépendante, ment, ouvertement, sciemment, délibérément, à la presse. Et en fait, ils n’ont produit aucun travail, avec aucun FAI. Dans le dossier HADOPI, on en a tellement vu, que l’hypothèse est plausible, même si franchement osée.

Piste 2: la Haute-Autorité administrative a pris la liste des FAIs (où?) et a fait un choix stratégique dedans (comment?) de FAIs auxquels la loi s’imposerait (pas aux autres?), et a travaillé avec eux pour définir les protocoles techniques permettant l’identification des adresses IP, ainsi que le merveilleux protocole prévu par l’article 4 du décret 2010-236 attaqué par FDN devant le Conseil d’État. C’est-à-dire que la HADOPI aurait décidé que les abonnés de certains FAIs, étant plus égaux que les autres sans doute, sont dispensés de ses foudres. »

A tout bien considéré, la piste 2 reste la plus plausible. En effet, French Data Network, bien que plus vieux FAI français est aussi un FAI associatif. Le nombre d’adhérent de l’association parait presque epsilonesque comparé à celui des principaux FAI français. Dès lors, il est naturel de penser que l’Hadopi n’est pas pris la peine de consulter ce FAI, tant l’esprit hautain et dédaigneux des puissants transparait dans cette Bataille Hadopi.

Et pourtant…

Pour en avoir le cœur net, Silicon.fr a contacté la Fédération Française des Télécoms (FFT) dont les membres représentent quelques 98% du marché des télécommunications. Si techniquement tout est prêt pour l’identification des adresses IPs (on s’en doute un peu, puisque déjà utilisé pour des affaires sérieuses de type terrorisme, pédophilie, diffamation, insultes ou moins sérieuse comme retrouver une internaute qui affirme que Mme Morano adapte quelque peu la réalité), les opérateurs sont toujours « dans l’attente des discussions sur les compensations financières et leurs modalités ». Bref, aucune évolution depuis la fin des débats parlementaires. Comme le rappel Numerama, Eric Walter, Sécrétaire Général de la HADOPI, a affirmé lors de son audition à l’Assemblée Nationale que l’Hadopi avait « travaillé avec les opérateurs à l’automatisation d’un système d’échange de données, qui devrait rendre le coût de l’identification des adresses IP nettement moins élevé » en ajoutant que « s’agissant de la compensation financière, il n’existe pas à ma connaissance de blocage avec les opérateurs« . C’était donc franchement osé mais « une Haute-Autorité administrative, supposément indépendante » a bel et bien menti, « ouvertement, sciemment, délibérément, à la presse. Et en fait, ils n’ont produit aucun travail, avec aucun FAI. »

Si techniquement l’identification de l’adresse IP est possible elle a tout de même un coût que les opérateurs ne veulent pas supporter. « L’Etat n’a pas à faire peser financièrement sur les opérateurs les coûts d’une mission d’intérêt général étrangère à l’activité de ces mêmes opérateurs« . Les opérateurs factureront donc les ayants-droits pour chaque identification d’adresse IP à hauteur de 8.50 €/IP. Rappellons que les ayants-droits mise sur des relevés de quelques 50 000 IPs/jour. Ce serait donc chaque jour 425 000 euros de dépensés en identification d’adresses IPs soit 12 962 500 €/mois. Pour un secteur soit disant en crise cela fait beaucoup d’argent à dépenser et c’est sans compter les coûts supplémentaires facturés par TMG pour stocker les échantillons d’œuvres partagées. Presque 13 millions d’euros par mois pour protéger 10 000 œuvres soit une moyenne de 1 300 €/mois par œuvres protégées.

Non contente de nuire à la réputation des artistes protégés par la Hadopi, qui est pourtant une des valeurs clé dans une économie d’abondance, presque aussi importante que la valeur pécuniaire, Hadopi ironiquement va donc taper directement au portefeuille de ces artistes. Il a été dit plusieurs fois lors des débats qu’Hadopi ne protègerait en rien les artistes. Si vraiment on voulait s’en prendre à la Création on ne s’y prendrait pas autrement.

Ce qu’il est intéressant de souligner c’est qu’Hadopi est le prolongement de la Loi DADVSI, votée en 2006. Lors des débats fin 2005, l’Assemblée Nationale avait votée, en première instance, la « licence globale ». Une licence qui permettait après d’avoir payé une somme forfaitaire, de télécharger sur les réseaux d’échanges en toute légalités. Les lobbys de l’industrie culturelle n’en ont pas voulus, préférant une loi répressive. Si seulement 20% des foyers français n’avait payé ne serait-ce que 10€/mois leur « licence globale » ce serait aujourd’hui 30 000 000€/mois qui irait directement aux ayants-droits. Leur lobby réprésif n’a eu de conséquence qu’un futur manque à gagner de 43 000 000/mois, soit 360 000 000/an.

Mais bien sûr, c’est l’échange entre particulier d’œuvres de l’esprit sans accord des auteurs et de leurs ayant-droits et Internet qui ruinent les industrie du divertissement et non leur gestion calamiteuse qui n’est pas à mettre en doute

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2 commentaires
  1. J’acquiesse « total » !!!

    Le pire aujourd’hui c’est ACTA (hadopipi puissance 10) et notamment pour mieux comprendre les ‘douilles qui se cachent derrière, Le documentaire l’encerclement de Richard Brouillette (CA) clarifie nettement la situation mondiale en matière de ces pouvoir stupides et méprisant radicalement toute démocratie et gouvernements.

    Je simplifie,
    parce que ça m’énerve cette mentalité élitiste
    de niveau mondial.

    merci

Trackbacks & Pingbacks

  1. LCHadoPi « Winael's Blog

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